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28/05/2008

Double Face

Il est américain, il vient de Cincinnati. Il a passé tous les étés de sa jeunesse, à Manhattan, près de l’Upper East Side. Depuis un an, il vit en Israël, à Jérusalem. En université ? Pour faire un stage ? Non, pour étudier la Torah dans une yeshiva, une école religieuse.

 Pourtant il n’a rien du juif ultra-orthodoxe avec les papillotes, les « black and white » comme on dit ici. Brun, les cheveux courts un peu en pétard, il s’habille comme n’importe quel occidental des grandes métropoles, en jean Diesel, T-shirt, et veste. C’est même un gros fêtard qui sort tous les soirs, boit et drague sans entrave. Il a beaucoup voyagé : Egypte, Inde, Espagne, Tanzanie, Ouganda. Un jeune américain de la côte Est, mi-international globe-trotter, mi- religieux, le portrait est atypique.

 Comme beaucoup de jeunes en Israël, il adore Tel Aviv où il va souvent passer ses soirées. Quand je lui demande si le fait d’étudier dans une yeshiva et d’avoir un rythme de vie complètement occidentalisé n’est pas paradoxal, il répond que non. « Je suis venue étudier la Torah car j’y connaissais pas grand-chose et c’était important pour moi de savoir de quoi ça parle ». Hier, il a fait un exposé sur la notion de mariage dans le judaïsme. Chose surprenante, il me raconte les trois différentes façons de se marier, notamment la manière corporelle. « Quand tu couches avec quelqu’un en sachant que cette personne deviendra ton mari ou femme, tu es déjà considéré comme marié ». Surprenant.

 Un soir, à la sortie d’une soirée à Jérusalem, vers 1h du matin, il nous dit : « il faut que je passe faire un tour au Kotel [le Mur des Lamentations] avant d’aller dans un autre bar ». Alors nous traversons les ruelles de la Vieille Ville, le quartier Arménien, les remparts… Là, il met sa grande kippa colorée, s’éloigne vers la partie des hommes, prie, revient 15minutes plus tard, un grand sourire aux lèvres. Puis nous rentrons par le quartier juif avant de racheter des bières dans le centre-ville. « Au début j’habitais là » me dit-il. « C’était sympa mais trop étouffant ». Maintenant il vit dans les quartiers excentrés de Jérusalem, près de la route qui mène à Tel Aviv.  

 Tel Aviv, dans un bar connu à la mode, il boit son verre de vodka et confie : « Ca y est, je vais enfin pouvoir me raser, c’est la fin de Omer ! ». Omer est la période de 49 jours après Pessah durant laquelle les hommes religieux ont l’interdiction de se raser. Le lendemain il part pour New York, où d’autres soirées arrosées l’attendent.

 
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