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16/04/2008

La saison du « Khamsin »

En ce moment, l’air est venteux et étouffant à Jérusalem, et le ciel est loin d’être bleu. La ville est recouverte d’une sorte de manteau bas et gris ou ocre qui ressemble à de la pollution. Cet étrange temps est en fait du au « Khamsin » (prononcé « Ramsine »), un vent méditerranéen chaud, sec et poussiéreux venant soit du Sahara, soit de la péninsule arabique. Il est présent en Israël pendant les inter-saisons, le printemps et l’automne, même s’il est beaucoup moins fort qu’en Egypte. En fait, Khamsin signifie « 50 » en arabe. Cela renvoie au fait que ce vent souffle 50 jours par an.

Aujourd’hui, le ciel est redevenu bleu, offrant aux habitants de Jérusalem un peu de répit pour respirer. Car le Khamsin ne souffle pas continuellement, il revient par intervalles régulier pendant toute la période du printemps et sévit alors pendant quelques jours.

Photo prise près de Haïfa, nord d'Israël

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15/04/2008

Visite de Jimmy Carter en Israël sur fond de polémiques

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De passage en Israël dans le cadre d’une tournée moyen-orientale de 9 jours, l’ancien président américain Jimmy Carter a appelé le Hamas et la Syrie à participer au processus de paix et les Etats-Unis à ouvrir le dialogue avec l’Iran, lors d’une conférence tenue par The Marker, près de l’aéroport international Ben Gourion.

Prix Nobel de la Paix, Carter estime qu’il a encore un rôle à jouer dans la région. Il a ainsi prévu de rencontrer un des leaders du Hamas exilé en Syrie, Khaled Mashaal, ce qui lui a valu une pluie de critiques. Il n’empêche, il a également l’intention de s’entretenir avec le président syrien Bashar al Assad. Objectif : le relâchement de Ghilad Shalit, toujours retenu par le Hamas, mais aussi l’instauration d’un cessez-le-feu entre Israéliens et Palestiniens. Avec ce voyage, Carter souhaite se positionner comme intermédiaire entre Israël, la Syrie et l’Iran. Pourtant, suite aux nombreuses critiques quant à sa rencontre avec Mashaal, Carter a du se rétracter, déclarant: « je représente seulement le centre Carter et ma propre famille, le but de ma visite n’est ni la négociation ni la médiation ».

Face à la polémique, Ehud Olmert, Tzipi Livni et Ehud Barak, ont décidé de ne pas rencontrer Jimmy Carter, officiellement pour des problèmes d’emplois du temps. Réponse de l’ancien président : « j’espère qu’ils daigneront me rencontrer pour que je puisse leur soumettre les idées ou propositions du Hamas». Quant à la Maison Blanche, elle a déclaré via un communiqué que Carter effectuait une visite seulement d’ordre privée, ne souhaitant pas être assimilée à ses propos, et ce alors même que le quotidien britannique the Independant vient d’annoncer que les Etats-Unis et l’Iran entretiennent des discussions secrètes depuis cinq ans.

Jimmy Carter considère en fait que son expérience dans les relations internationales, notamment dans la résolution du conflit népalais peut servir. Il compte aussi sur son image de défenseur de la cause juive. C’est en effet sous son mandat que l’ex-URSS a laissé quelques 25 000 juifs émigrer vers Israël.

Un petit bout de Kazakhstan entre Tel Aviv et Jérusalem

Dans le train, un jeune homme d’environ 25 ans s’assit en face de moi et me dit « tu ne devrais pas laisser ta valise au milieu de l’allée, tu dois toujours la garder à portée de main ». Je pense qu’il va s’en aller mais il reste et commence à me parler dans un anglais très bon, proche de l’accent britannique. Nous traversons les montagnes où se trouve Jérusalem. Le train est très lent. L’inconnu est blond, assez frêle, le visage marqué par la vie. Je lui demande s’il est anglais ou américain. Il me répond : « non je viens du Kazakhstan ». Je crois qu’il se fout de moi alors un peu mal à l’aise, j’essaie de mettre un terme à cette conversation impromptue. Mais l’inconnu continue à me parler : « tu es allemande ? ». Ca me fait sourire et je me demande si j’ai une tête à être allemande. Je lui dis que je suis française et tout de suite il commence à me parler de Sarkozy. « C’est vraiment un mec bien Sarkozy, il soutient Israël et les Etats-Unis alors c’est forcément un mec bien ». L’inconnu à l’allure un peu sauvage est même au courant que le président français s’est marié avec une belle femme « beaucoup plus grande que lui » et ça le faire rire.

Je lui demande si sa famille vit avec lui en Israël. Il me dit que oui. Me fixant avec un regard très perçant, il ajoute : « enfin, ce qu’il en reste ». J’ai un petit rire nerveux. L’inconnu s’appelle Alexandre et est Russe. Il me raconte sa vie, sa décision de partir vivre en Israël il y a douze ans. « Pourtant, on ne me considère toujours pas comme un local… ». C’est pourquoi il a décidé de partir faire l’armée. Pour « rendre à ce pays ce qu’il m’a donné », il me confie. Il n’a pas l’air d’avoir peur, il pense que c’est le seul moyen pour faire partie intégrante de la population.

Toujours dans les montagnes, il voit que je contemple le paysage à travers la fenêtre et me confie : « Là, nous traversons l’antique route que prenaient les Turcs, c’est la plus belle façon d’aller à Jérusalem ». Il me demande où j’ai voyagé lors de ma dernière venue en Israël. Tel Aviv, Jérusalem, Haïfa, le Golan, mais aussi la Cisjordanie, la West Bank comme ils disent ici. Là, je sens la crispation. « Ecoutes, il faut toujours se méfier des Arabes, on peut pas leur faire confiance à ces gens-là. Regardes, les mecs qui ont fait sauter la yeshiva y’a quelques semaines, c’était des Arabes israéliens super respectables, bien intégrés, et regardes ce qu’ils ont fait. On peut pas leur faire confiance ».

Puis changeant complètement de sujet, comme si ce qu’il avait dit était le plus naturel du monde, il me parle de Pessah et des vacances. « Bon, tu dois trouver une famille pour faire le repas. C’est vraiment important, même si c’est très chiant car il faut lire la Torah pendant 2h. Moi je le fais plus trop depuis que ma mère est morte. Elle était très religieuse, mais maintenant, ça me fatigue tout ça ».

En arrivant, il insiste pour m’aider à trouver un taxi. « je vais pas te laisser toute seule sinon il vont t’arnaquer, je vais leur parler hébreu comme ça tu seras tranquille ». Bien vu, grâce à lui, je ne paye que 25 shekels la course, soit 5 euros. Il est toujours mieux, en Israël, de fixer le prix dès le départ.

14:55 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : Kazakhstan, train, armée

27/03/2008

Madame M

Elle habite un petit pavillon de la banlieue est-parisienne et est juive orthodoxe marocaine. Seule, elle est juste entourée de sa fille Judith et de sa petite-fille de 6 ans qui adore venir jouer dans ses jupons. Ses autres enfants ont décidé de vivre en Israël. Mais le va et vient des fidèles de la petite synagogue dont elle s’occupe, semble lui tenir compagnie.

 Elle a de grands yeux noirs fardés de bleu, une perruque couleur miel, porte de longues jupes sombres et des hauts quelques fois pailletés qui cachent ses bras. Autour du cou, non un signe religieux mais un simple cœur en argent. Madame M n’est plus toute jeune, mais elle travaille encore malgré son statut de grand-mère. Depuis toujours, elle enseigne la langue hébraïque et la Torah pour les jeunes filles dans le nord de la capitale française. Un temps, elle s’occupait même des conversions de femmes non-juives au Consistoire de Paris. Elle se souvient d’ailleurs d’une comédienne « splendide » qu’elle avait du convertir pour un mariage mixte. "J'avais aussi du convertir rapidement son petit garçon car il était né goy", ajoute-t-elle. 

Madame M, je l’ai trouvé par hasard quand j’étais en pleine quête pour trouver un professeur d’hébreu. Après plusieurs recherches infructueuses sur Internet, j’ai pensé que le meilleur moyen serait de me rendre dans la synagogue de ma ville. Le premier jour, Madame M était suspicieuse, elle me posait des questions sur mes « connaissances » locales, est ce que je côtoyais les Cohen ou les Hazan. Puis à la fin de la première journée, les joues rosies par la gêne, je lui ai avouée : « Mais je ne le suis pas Madame ». Le sourire en coin, elle m’a regardé avec amusement. Finalement, ça ne lui posait pas de problème.

Les semaines ont passé et Madame M m’a tout expliqué. En quelque sorte, elle a fait mon éducation de la religion juive. On avait l’habitude après chaque fin de leçon de discuter religion, vision du monde, fêtes. C’est là que j’ai appris ce qu’était le « grand nettoyage de Pessah » ou les déguisements de Pourim quand une fois j’étais arrivée pour ma leçon et la maison toute entière sentait les gâteaux. A la fin, dépitée, elle m’a expliqué qu’elle ne pourrait pas se servir du miel acheté au supermarché car il n’était pas casher. Interloquée, je lui ai demandé pourquoi et elle m’a répondu tout naturellement : « car il est composé de gelée royale ». Parfois en plein milieu de la leçon, elle se retire et fait sa prière. Elle se lève soudainement, et je vois alors ses lèvres remuer rapidement. Puis elle se rassoit et me demande sur un ton désinvolte : « on en était où ? ».

Madame M m’a aussi parlé d’Israël et de la France. Tiraillée entre les deux parties de sa famille, ceux partis et ceux restés, elle a finalement choisi l’Hexagone. « C’est chez moi », considère-t-elle. Pourtant, elle est restée un brin envieuse quand on évoque mon départ. « Cela fait tellement longtemps que je n’y suis pas retournée… », soupire-t-elle.

 La dernière fois, Madame M m’a avoué qu’elle adorait la série « Colombo ». Pourtant, elle regarde peu la télé et ne se rend presque jamais au cinéma. Son dernier film, c’était « Bienvenue chez les Chtis » mais elle m’a confié après-coup : « J’y suis allée pour faire plaisir à ma copine ». Madame M est de ces grands-mères qui parlent toujours comme les jeunes filles et qui s’amusent de la jeunesse. « Dans le RER, je garde toujours une feuille blanche et des feutres pour ma petite-fille car je sais qu’elle adore dessiner des princesses avant d’aller à l’école, elle a un vrai talent d’artiste cette gamine », dit elle en regardant la brunette sautiller dans le salon.

 

 

 

 

28/02/2008

Le parcours du combattant

Quand on est pas simple touriste, il n'est pas toujours aisé d'obtenir un visa pour l'Etat hébreu. Dès Paris, les "galères" commencent.


Janvier 2008 : première tentative de contact avec le consulat. Sur Internet, le site n'offre aucune information concrète et précise mais m'invite juste à appeler le consulat pour prendre rendez-vous. Pour répondre à mes appels, une simple hotline qui au bout de 5 minutes, m'invite à taper 1, 2 ou 3, puis raccroche automatiquement.

Après ce premier échec téléphonique, je décide encore pleine d'espoir, une première visite au consulat d'Israël rue Rabelais dans le 8e arrondissement de Paris. A l'entrée de la rue, une grande barrière et deux policiers français me barrent le passage. "Vos papiers d'identité s'il vous plaît". La dernière fois que j'ai vu une rue barrée de ce type, c'était à Londres, dans la rue qui habrite les appartements de la famille royale. Je ne savais pas qu'à Paris aussi, on devait se faire connaître pour marcher dans certaines rues.
Après avoir passé ce premier niveau, un homme en civil m'attend, seul, au milieu de la rue Rabelais. La rue est déserte, il n'y a que lui et moi. L'homme à la peau mate me demande si je parle hébreu, puis me parle directement en anglais. Un peu énervée, je me tais pourtant mais m'efforce de prendre mon pire accent français quand je parle en anglais.
"Pourquoi vous êtes venue?" me demande-t-il. Je lui explique ma situation un peu particulière : ni touriste, ni salariée. Je suis dans le monde fumeux des stagiaires et cherche un visa qui cole le mieux à ma situation. L'homme me dit de patienter dehors et rentre seul dans l'imposant bâtiment du consulat. Pendant les longues minutes d'attente, je regarde, sous la pluie, la rue déserte et me dis que cette situation est décidemment étrange. Finalement, l'homme revient mais ne m'invite pas entrer. "J'ai demandé mademoiselle, pour le stagiaires c'est comme les visa touristes, vous rentrez dans le pays et renouvellez votre visa 3 mois après". Merci Aurevoir. Frustrée, je dois quand même m'en aller.

Février 2008 : les jours passent et réalisant que cette affaire doit être prouvée par des signes tangibles, je décide de retourner rue Rabelais. Les policiers français sont toujours là, imperturbables. Cette fois je ne suis pas la seule à attendre. Il y a deux jeunes hommes, des étudiants de l'ESCP comme moi. Je suis rassurée en voyant qu'après avoir parlé avec le "passeur" de la rue Rabelais, ils rentrent finalement dans les locaux. Moi je dois quand même attendre 10 minutes dehors.

A l'intérieur, une petite salle d'attente. Je retrouve les deux jeunes de l'ESCP. Un des deux est le président de l'association "Israël". Ils cherchent des visas pour tous les membres de l'association car ils organisent un voyage dans l'Etat hébreu. Il y aussi un vieux couple, un père et ses deux fils..La dame derrière la vitre blindée et son micro, m'explique finalement la situation : soit je rentre en visa touriste mais doit quitter le territoire au bout de 3 mois ou renouveller le visa au ministère de l'Intérieur à Jérusalem. Soit mon entreprise doit faire une demande au ministère de l'intérieur, qui envoie un recommandation au consulat à Paris, qui me créé un visa sous réserve de leur montrer une convention de stage.

Merci madame, je repars, mon Elle à la main en me disant "il faut toujours creuser un peu pour avoir ce qu'on veut.."

adresses utiles : Consulat d'Israël à Paris, 8 rue Rabelais, 75008 Paris

 
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